8ème section communale de la commune de Léogâne, Beauséjour est placée à l’est de la ville. Son relief dominant est le morne, cette section a un climat normal mais plutôt frais en hiver. Elle est subdivisée en quatre (4) habitations et 51 localités. Elle a un site historique, le Fort Campan non entretenu sur lequel pousse des variétés de lianes et de fleurs.
L’histoire rapporte que cette section communale a produit beaucoup de café destiné à l’exportation, les traces de cette culture sont encore présentes parmi les diverses cultures de la Section. Jusqu’à nos jours, le paysan prend toujours sa tasse de café chaud très noir et sucré pour commencer sa journée et c’est la boisson utilisée pour l’accueil des visiteurs.
Autrefois, ses mornes servaient de cachette pour abriter les marrons du système esclavagiste. Et, au lendemain de l’indépendance, Beauséjour était considérée comme une zone stratégique à l’époque des fortifications avec le Fort Campan en 1806 pour contrôler l’adversaire. Mais aujourd’hui, les cannons du Fort se reposent sous des lianes et des fleurs qu’offrent l’agréable climat frais de l’Habitation Kampam.
Les habitants gardent jalousement la mémoire de leurs ancêtres, certains tombeaux datent de l’année 1880, et chaque « lakou et/ou habitation » a son propre tombeau. La culture vaudou, le catholicisme et le protestantisme sont très pratiquées.
Beau Séjour, de part ses richesses naturelles (ses diverses structures de sol, ses sources et rivières, sa température, sa couverture végétale) offre des cultures vivrières variées telles ignames, mais, haricot, fruits et légumes qui alimentent les marchés de Darbonne, de Kampam, da Sisil et même de Port-au-Prince.
Le paysan constitue la base de l’économie haïtienne. Il cultive du bois, produit du charbon de bois, le transporte, l’échange contre quelques gourdes pour s’acheter du riz importé, sans s’en rende compte qu’il est en train de détruire son futur et l’avenir de ses enfants en déboisant sa terre natale. Mais que faire… ? Il n’a que cela.
La principale activité économique de Beau Séjour est la culture de la terre, l’on se pose la question dans quelles conditions ils cultivent la terre…. puis le commerce de détail suivi de l’élevage à petite échelle. L’ébénisterie, l’artisanat etc. y sont pratiqués à petite échelle.
En ce qui concerne loisirs, à l’exception du jour de la fête patronale St Gabriel et le Rara pratiqué à petite échelle uniquement durant la Pâque, toute récréation de ces habitants se résume dans le service dominical pour les chrétiens et la gaguère pour certains hommes.
Les femmes et les enfants ne connaissent pratiquement pas cet aspect de la vie appelé loisir, les jeux traditionnels ( Kont, lago, marèl, pench, oslè) étant en voie de disparition. Heureusement qu’ils se retrouvent dans leurs activités quotidiennes.
Du point de vue d’organisation sociale et communautaire, Beau-Séjour est très motivée avec plusieurs organisations telles UNOPDEB (Union des Organisations Paysannes pour le Développement de Beauséjour), Fanm Vayan, et les organisations traditionnelles qui assurent les travaux de jardins dénommées corvée et associée, d’autres encore qui donnent sens et forme aux communautés d’Eglise baptisées chorale ou groupe de jeunes de dames et d’enfants.
Si la section de Beauséjour fait l’admiration de ses fils qui vivent en dehors de leur terre natale et aussi des visiteurs, elle demeure une source d’insatisfaction pour ses habitants malgré ses variétés de richesses inexploitées.
L’espoir sourit à Beauséjour, mais exploiter ses richesses au profit d’une population qui ne cesse d’immigrer reste un grand défi.
Les principaux problèmes sociaux auxquels font face les habitants de Beauséjour feront l’objet d’une prochaine recherche.
Une Présentation de Fondation Feuilles d’Hier
Equipe exploratrice : Serginiow J.E. Rogené, James Louis, Marie Roseline Rogené
Novembre 2009
Prise de photos : L’équipe
Par Marie Roseline Rogené,
travailleuse sociale
Juillet 2010
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