5:52 pm - Wednesday February 22, 2012

Dr. Jackson Augustin n’oublie pas ses racines

Évoluant dans la diaspora haïtienne aux États-Unis d’Amérique depuis une quinzaine d’années, le médecin Jackson Augustin, qui a entamé à l’aube des années 2000 une carrière de professeur en sciences infirmières, estime que la médecine est plus qu’une profession; c’est une passion. Avec un parcours audacieux et un ardent désir d’être utile à la société haïtienne, le médecin a trouvé toute sa mesure au sein du centre hospitalier Hosanna de Léogâne, qu’il a fondé depuis sept ans.

Haïti: Installé aux Etats-Unis d’Amérique dans les années 90, le médecin Jackson Augustin, directeur général du centre hospitalier Hosanna de Léogâne, a obtenu un diplôme médical en République dominicaine, et s’est rendu par la suite en France pour se spécialiser dans les maladies infectieuses. Puis, il s’est rendu en 1996 aux États-Unis où il a décroché à l’Université de Miami (UM) deux maîtrises, dont une en business administration et l’autre en administration de santé. En août 2009, il a intégré Barry university pour une maîtrise en santé publique, laquelle formation est toujours en cours.

Ayant été si touché de la situation difficile des compatriotes haïtiens vivant en République dominicaine dans les bateyes, une fois sorti de l’université, il a dû intervenir avec des camarades de promotion en offrant des consultations gratuites à travers une campagne d’éradication des maladies tropicales les plus fréquentes. C’est ainsi qu’à l’aube des années 2000, il a entamé avec enthousiasme une carrière de professeur en sciences infirmières avec pour ultime objectif d’être utile à la société haïtienne ainsi qu’à l’humanité entière. Malgré sa résidence en terre étrangère, cela ne l’empêche pas de continuer de voyager en République dominicaine et en Haïti – sa terre natale – pour servir ses compatriotes.

Le Dr Augustin croit que la communauté haïtienne, où qu’elle se trouve, doit s’organiser davantage. Elle ne doit pas seulement rester comme une vache laitière pour les politiciens traditionnels, mais elle doit prendre les rênes du pays pour relever les défis de la pauvreté, de la misère, du logement, de l’emploi et de la sécurité. Il estime que tant que nos compatriotes haïtiens vivent dans la misère, les Haïtiens de la diaspora feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire une différence.

Mettre ses compétences au service du pays

Partageant avec un groupe de personnes un but positif commun, M. Augustin a cru énormément au mouvement associatif qui, selon lui, est seul capable de promouvoir un pays en quête d’un bien-être généralisé. Il souligne avoir fait partie de plusieurs mouvements associatifs, notamment celui de Léogâne United, dont il est un membre très influent. Ce qui lui a permis de créer la « Fondation Hosanna » qui se sacrifie depuis 2003 pour l’émergence d’une jeunesse léogânaise formée et en bonne santé. Ce professionnel de la santé nous confie que depuis bientôt sept ans, les enfants mal nourris et les vieillards de Léogâne ont un centre pouvant leur venir en aide. Ce centre hospitalier dénommé « Hosanna » est une institution privée qui se donne pour mission de répondre aux besoins en soins médicaux des gens de cette communauté. Continuer >

Ce centre hospitalier, qui fonctionne avec les moyens du bord, partage le même local avec la fondation du même nom. La prise en charge des personnes du troisième âge paraît comme l’une des préoccupations majeures pour les responsables de cette institution médico-sociale, qui se trouve à Belval, une section communale de Léogâne. Ce centre hospitalier à vocation sociale est pourvu d’une quinzaine de lits, d’une pharmacie, d’un laboratoire, d’un service d’urgence et d’un service d’hospitalisation. Le centre fonctionne 24 heures sur 24 et est muni d’installations n’ayant pas grand-chose à envier aux autres hôpitaux du pays.

Cette oeuvre gérée par le Dr Jackson Augustin, spécialiste en médecine interne, le révérend père Frandzy Petit-Homme et la gestionnaire Marie-Lucie Ketly Fouron, offre des services intégrés en santé pour la pleine satisfaction de la communauté léogânaise, avec un staff composé de plus de sept médecins assistés d’infirmières et d’auxiliaires.

Volontariste et passionné de sa profession, le directeur du centre hospitalier Hosanna, Jackson Augustin, croit pouvoir, dans un sens comme dans l’autre, continuer à travailler davantage afin que le programme d’aide aux personnes âgées implanté au centre hospitalier Hosanna soit de plus en plus effectif, car « l’être humain qui vieillit continue d’évoluer et a droit à une bonne qualité de vie ».

Faisant montre d’une très large vision, le Dr Augustin a mis l’accent sur un projet d’école de sciences infirmières qu’il compte inaugurer très prochainement. Il ajoute qu’une formation standard sera offerte à de jeunes bacheliers d’Haïti à travers cette institution. « L’idée de mettre sur pied ce centre de formation m’a vraiment touché, parce que les soins et la qualité de santé doivent être accessibles à tous, vu que, dans notre pays, la majeure partie des Haïtiens sont dans l’impossibilité de se faire soigner, faute de moyens financiers et en raison de la carence chronique du nombre de centres de santé et d’hôpitaux sur l’ensemble du territoire », a dit le Dr Augustin.

Bien que le Dr Augustin ne soit pas un économiste de formation, il affirme, sans crainte d’être désavoué, que notre patrie commune souffre à tous les points de vue, et cela saute aux yeux de tous. D’après lui, au lieu de perdre notre temps à tergiverser, c’est est un devoir cardinal pour tous les fils conséquents du pays de mettre la main à la pâte pour le renouveau national.

Étant un Haïtien qui évolue à l’étranger, il ajoute plus loin qu’il n’existe pas un lien étroit entre la diaspora et les autorités haïtiennes. « Un lien étroit entre les autorités haïtiennes et les fils du pays vivant en terre étrangère? n’en parlons pas. Les mêmes déchirements dont vous êtes en train de faire l’expérience en Haïti ont traversé l’océan et les arbres les plus géants pour venir rebondir en terre étrangère. Parfois, mes frères haïtiens m’ont donné l’impression que la flamme du patriotisme est presque éteinte dans leurs coeurs », a-t-il fait remarquer, tout en notant que ce n’est pas dans la division et l’exclusion qu’on y arrivera, mais dans l’unité entre les Haïtiens de la diaspora et ceux du pays.

Source: Le Nouvelliste

© 2011, Leogane Magazine. All rights reserved.

Comments

comments

Filed in: Personnages

No comments yet.

Leave a Reply